IA & data - Interview de Tony Lethuillier
20 janvier 2026
Rencontre avec Tony Lethuillier, responsable R&D de Gamba acoustique – bureau d’études en acoustique et vibrations
Le bureau d’études Gamba acoustique explore depuis deux ans différentes voies d’utilisation de l’intelligence artificielle. Où en êtes-vous ?
Nous sommes encore en phase de test et de développement, principalement sur deux types d’application. Nous développons une application particulière pour effectuer les mesures acoustiques de longue durée. L’IA peut en effet nous aider à détecter, reconnaître et classer des bruits et des vibrations. Elle va, par exemple, nous permettre d’identifier le passage d’un train et de reconnaître s’il s’agit d’un TGV ou d’un TER. Cela peut servir aussi pour mesurer des bruits de chantier ou des signaux d’alarme. Cette fonctionnalité de mesure et d’analyse se fait alors automatiquement et rapidement, ce qui évite un travail très fastidieux à notre personnel. Nous souhaitons aussi nous servir de l’IA pour explorer nos bases de données : plutôt que de parcourir l’arborescente d’un serveur, il s’agirait d’utiliser un chatbot qui trouve pour nous les documents utiles.
Quelle est la prochaine étape ?
Nous n’en sommes qu’au stade du développement. Pour que tout le monde s’en serve, nous devons nous équiper. Cela nécessite un serveur puissant, dont nous devrions faire l’acquisition en 2026. D’ici là, en plus des deux applications principales sur lesquelles nous travaillons, nous envisageons d’autres pistes, de façon plus aléatoire. En effet, le spectre de ce que l’IA permet étant relativement inconnu et infini, nous avons décidé d’avoir des licences chez ChatGPT pour que chacun fasse des essais et identifie les tâches dans notre production actuelle sur lesquelles la machine pourrait nous aider. Pour certains, il s’agit de commander des résumés de programme de maître d’ouvrage, pour d’autres d’établir une mise en page graphique ou encore de rédiger une publication LinkedIn attractive. En complément des applications que nous développons, l’idée est de répondre à la demande et de capitaliser sur ce que les uns et les autres auront expérimenté.
Y a-t-il eu des réticences au sein de l’entreprise sur ce recours à l’IA ?
En tant que développeurs, nous réfléchissons en permanence aux moyens de faire mieux demain qu’hier. C’était donc une évidence de nous intéresser à ces technologies. Mais cela n’empêche pas qu’il y ait une forme de peur dans les équipes. Certains se demandent quelles conséquences auront les gains de temps obtenus ? Est-ce que cela débouchera sur des licenciements ? Il convient donc de mener un travail de pédagogie pour convaincre que le temps gagné ne sert pas seulement à faire baisser les coûts, mais dégage aussi et surtout du temps pour d’autres tâches. Avec l’IA, nous allons faire disparaître les tâches sans valeur ajoutée, qu’une machine peut faire à la place de l’individu. Celui-ci pourra alors consacrer plus de temps à l’ingénierie fondamentale et à l’accompagnement de ses clients.
« En tant que développeurs, nous réfléchissons en permanence aux moyens de faire mieux demain qu’hier. C’était donc une évidence de nous intéresser à ces technologies. »
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