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Etude

Interopérabilité des données : quels enjeux pour les entreprises de l’ingénierie et du numérique ?

07 septembre 2026
nteropérabilité des données

40 % des entreprises interrogées rencontrent des difficultés de fonctionnement liées à l’incompatibilité des données échangées. Derrière ce chiffre se cachent des situations très concrètes : ressaisies manuelles, erreurs, retards, perte d’information ou encore dépendance à certains fournisseurs de solutions numériques. Une nouvelle étude de l’OPIIEC, réalisée avec le soutien de l’OPCO Atlas, analyse ces difficultés et identifie les compétences à développer pour mieux y répondre.

Pour un dirigeant, le sujet peut sembler très technique. Il touche pourtant directement au fonctionnement quotidien de l’entreprise.

Un logiciel de gestion qui communique mal avec un outil métier. Des données qu’il faut ressaisir avant de les transmettre à un client. Deux applications qui utilisent des formats différents. Une information présente dans un système mais inexploitable dans un autre.

À mesure que les entreprises multiplient les outils numériques, ces incompatibilités peuvent devenir un véritable frein à la productivité.

40 % des entreprises confrontées à des incompatibilités internes

Selon l’étude de l’OPIIEC, 40 % des entreprises interrogées rencontrent des difficultés d’incompatibilité des données au sein même de leur organisation. Elles sont également 38 % à juger difficile la communication entre leurs systèmes et ceux de leurs clients.

Le problème vient notamment du fonctionnement « en silo » de certains logiciels : chaque outil remplit correctement sa fonction, mais l’information circule difficilement entre les différents systèmes.

L’interopérabilité vise précisément à permettre à ces outils, applications ou plateformes de comprendre, échanger et exploiter les mêmes données sans multiplication des interventions manuelles ou des opérations de conversion.

Pour les entreprises, les bénéfices sont directement opérationnels : réduire les erreurs et les ressaisies, limiter les retards et les pertes de données, fluidifier les échanges avec les clients et partenaires, mais aussi conserver davantage de liberté dans le choix des solutions numériques utilisées.

Ce dernier point est loin d’être secondaire. Une entreprise dont les données sont enfermées dans des formats propriétaires peut rencontrer davantage de difficultés lorsqu’elle souhaite changer de logiciel ou de fournisseur.

L’ingénierie particulièrement confrontée au sujet

Toutes les entreprises ne sont pas exposées de la même manière.

Les entreprises du numérique disposent souvent de compétences internes leur permettant de mieux anticiper les questions d’interopérabilité. Elles représentent d’ailleurs 57 % des offres liées à l’interopérabilité identifiées par l’étude.

La situation apparaît plus complexe dans l’ingénierie, où les besoins augmentent mais où les compétences et les moyens disponibles ne suivent pas toujours au même rythme.

La question ne concerne d’ailleurs pas uniquement les équipes informatiques.

Le graphique présenté dans l’étude montre que plusieurs familles de métiers sont directement concernées : pilotage de projet, coordination, direction et fonctions support. Les métiers du BIM figurent notamment parmi ceux fortement exposés aux problématiques de coordination et d’échange des données.

Le défi n’est pas seulement technique : il est aussi humain

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne les compétences.

Les compétences techniques nécessaires existent déjà en grande partie. Le défi réside davantage dans la capacité des entreprises à concevoir dès le départ des systèmes capables de collaborer, plutôt qu’à corriger après coup les incompatibilités entre logiciels.

Les besoins concernent aussi les fonctions non techniques : piloter un projet d’interopérabilité, coordonner des équipes aux compétences différentes, comprendre la structure et la signification des données ou encore maîtriser les principaux enjeux juridiques associés au numérique.

Or cette dimension reste encore peu présente dans les parcours de formation.

Parmi 110 certifications inscrites au RNCP ou au Répertoire spécifique intégrant l’interopérabilité, seules 27 % abordent de manière centrale des compétences ou activités directement liées à ce sujet, relève l’étude.

Pour les entreprises, cela pose une question très concrète : comment trouver ou former des professionnels capables de comprendre simultanément les enjeux métiers, techniques et organisationnels liés à la donnée ?

Interopérabilité et intelligence artificielle : deux sujets de plus en plus liés

La montée en puissance de l’intelligence artificielle rend également le sujet plus stratégique.

Pour produire des résultats utiles, un système d’IA dépend d’abord de la qualité et de l’accessibilité des données qu’il utilise. Une meilleure interopérabilité peut donc permettre de réduire les données erronées et de donner accès à un ensemble plus large de ressources pour entraîner ou alimenter les modèles.

L’IA peut, à l’inverse, faciliter certains travaux d’interopérabilité, notamment en aidant à harmoniser des langages ou à réduire le temps nécessaire à certaines opérations d’intégration.

L’étude appelle néanmoins à la prudence : l’IA ne peut pas se substituer aux normes et peut introduire des biais difficiles à détecter, avec un risque pour la fiabilité des systèmes.

Autrement dit : avant de multiplier les usages de l’IA, la capacité d’une entreprise à organiser, fiabiliser et faire circuler ses données devient un préalable de plus en plus important.

Quatre pistes pour faire progresser les entreprises

L’OPIIEC identifie quatre leviers prioritaires pour accompagner les entreprises et les professionnels de la branche : mieux faire connaître les formations continues existantes, sensibiliser les utilisateurs et les décideurs, notamment à travers un MOOC, développer les travaux collectifs entre professionnels et produire un guide pratique consacré aux évolutions juridiques telles que le Data Act ou l’Interoperable Europe Act.

Ces propositions traduisent un changement de perspective : l’interopérabilité ne peut plus rester uniquement l’affaire des spécialistes des systèmes d’information.

Elle concerne désormais la façon dont une entreprise choisit ses outils, organise ses projets, travaille avec ses clients et partenaires et prépare ses futurs usages de la donnée et de l’intelligence artificielle.

Une étude pour anticiper les besoins de la branche

L’étude est publiée par l’OPIIEC, observatoire paritaire dont la Fédération Cinov est membre aux côtés de Syntec et des organisations syndicales de salariés de la branche.

L’OPIIEC analyse les évolutions des métiers, de l’emploi et des compétences afin d’anticiper les besoins des entreprises et d’identifier les formations nécessaires. Cette nouvelle étude permet ainsi de mieux mesurer les conséquences de l’interopérabilité pour les entreprises de la branche et les compétences à développer dans les prochaines années.

Dirigeants, responsables numériques, responsables de projets ou professionnels de l’ingénierie : retrouvez l’étude complète et sa synthèse pour identifier les principaux enjeux de l’interopérabilité et les leviers d’action pour votre entreprise.

 

=> Lire l'étude complète

👉 [Consulter l’étude complète sur le site de l’OPIIEC]