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Développement durable

RSE - Interview de Jean-François Coroller, Morgane Maly et Louise Gouzay

12 janvier 2026
RSE interview
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Cinov Ingenierie

Rencontre avec Jean-François Coroller, dirigeant de Kerexpert – bureau d’études en ingénierie du bâtiment –, Morgane Maly et Louise Gouzay, en charge de la démarche RSE

Pour quelles raisons avez-vous postulé pour faire partie de l’expérimentation du référentiel « Engagé RSE » ? 

Jean-François Coroller : Dès 2017, nous nous étions déjà lancés dans une démarche « Vision 2027 » pour mobiliser l’intelligence collective, en interne, nous poser les bonnes questions sur nos valeurs et nos engagements, et nous projeter. Puis, nous avons eu un déclic quand il nous a fallu présenter notre politique RSE dans le cadre d’une réponse à un appel d’offre pour un bailleur social. C’est justement à ce moment-là que nous avons reçu un mail de la Fédération Cinov pour nous proposer d’expérimenter le référentiel « Engagé RSE » ! C’était une opportunité de bénéficier d’un accompagnement individuel et de participer à des ateliers collectifs. Comme nous avons toujours eu à cœur d’avoir une longueur d’avance sur les réglementations, nous avons voulu nous lancer avant que cela devienne obligatoire.

Quelles ont été les étapes ? 

Morgane Maly : Nous avons commencé, en avril 2024, par un diagnostic assez formel et fastidieux, consistant à renseigner une trame exhaustive d’auto-évaluation. Cet exercice nous a permis d’identifier nos pratiques existantes et de réfléchir à leur formalisation. Nous faisions de la RSE sans en avoir conscience !
Pour le bien-être au travail, nous avions déjà de bonnes conditions de travail, comme par exemple des jours de congés pour enfants malades. Concernant l’environnement, nous avions déjà participé à la Fresque du climat et réalisé notre bilan carbone… mais il fallait formaliser tout cela. 

Jean-François Coroller : Nous avons une politique de formation engagée, des augmentations de salaire régulières et une formule d’intéressement. Nous avons donc mis tout cela noir sur blanc. 

Quels sont les axes d’amélioration que vous avez repérés ? 

Morgane Maly : Sur le volet social, une formation aux gestes de premiers secours a été programmée. Sur le volet environnemental, nous voulons améliorer notre politique d’achat, en ayant recours à des circuits courts. Nous voudrions aussi trouver les bons leviers pour convaincre les collaborateurs de venir travailler en transports en commun. 

Jean-François Coroller : Le plus difficile pour un bureau d’études comme le nôtre, c’est de se passer des Gafam. Pour les achats, nous allons chercher une alternative afin de réduire notre bilan carbone, mais pour les logiciels métiers (comme Autocad ou REVIT) que nous utilisons, c’est quasiment impossible !

Quelle est l’étape suivante ? 

Morgane Maly : Nos procédures vont être vérifiées par l’Afnor et nous devrions être labellisés d’ici fin 2025, avec un niveau qu’il nous appartiendra ensuite d’améliorer. 

Louise Gouzay : L’obtention du label n’est que le premier jalon d’une démarche de longue haleine. Il faut que la RSE devienne un fil rouge de l’entreprise, qu’elle continue à vivre et à se développer sur le long terme.

Quel bilan tirez-vous de votre participation à cette expérimentation ?

Jean-François Coroller : Lors des ateliers collectifs, j’ai constaté que nous n’adoptions pas tous la même démarche, notamment pour définir les valeurs de nos entreprises. Certains dirigeants les ont eux-mêmes fixées. Chez nous, l’ensemble de l’équipe les a identifiées lors d’une séance spécifique de notre « Vision 2027 ». C’est intéressant de voir les nuances d’une entreprise à l’autre. 

Morgane Maly : Les échanges avec d’autres bureaux d’études nous challengent, par exemple sur la semaine de 4 jours… Même si ce serait difficilement applicable, ce n’est pas inutile de se poser la question. 

Jean-François Coroller : J’encourage tous les bureaux d’études à se lancer dans cette démarche. Elle prend un temps conséquent, mais elle oblige à se questionner, à donner la parole et à écouter ses collaborateurs. Un bureau d’études, c’est une équipe composée de personnes qu’on a envie de bien accueillir et de fidéliser. C’est aussi cela l’objectif de la démarche RSE.
 

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JF Coroller web

 


« Comme nous avons toujours eu à cœur d’avoir une longueur d’avance sur les réglementations, nous avons voulu nous lancer avant que cela devienne obligatoire. »

Jean-François Coroller

 

 

 

 

 

 

 

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